Fais-tu l'autruche?

Fais-tu l'autruche?

Avoir la tête dans le sable est une stratégie plutôt confortable… jusqu’au moment où ce que tu refuses de voir ou de dire te rattrape!

Dans tes relations personnelles comme professionnelles, les paroles que tu choisis d’exprimer au bon moment font toute la différence. Lorsque tu gardes certaines choses pour toi, les non-dits s’accumulent et finissent parfois par exploser au moment où tu t’y attends le moins. À l’inverse, en osant exprimer ce que tu vis, tu peux clarifier les attentes, désamorcer les tensions et bâtir des relations plus authentiques et solides.

Apprendre à sortir la tête du sable un peu plus tôt pourrait bien devenir l’un de tes meilleurs réflexes!

La politique de l'autruche a ses limites...

Et si tu te sortais la tête du sable?

Le courage de se dire les vraies choses… au fur et à mesure.

Une déception que tu ravales. Un malaise que tu minimises. Une limite que tu laisses dépasser. Un besoin que tu espères voir deviner...

À la maison comme au travail, ces petits silences finissent parfois par prendre beaucoup de place.

Puis, un jour, une petite situation provoque une grande réaction. Ton interlocuteur s’étonne de son intensité. Pourtant, ce qui déborde aujourd’hui s’accumule parfois depuis des mois.

En coaching, je rencontre souvent des personnes qui, comme toi, tiennent profondément à leurs relations et hésitent à exprimer les choses au fur et à mesure. Des conjoints, des collègues, des gestionnaires, des entrepreneurs. Tous souhaitent préserver l’harmonie, choisir les bons mots et attendre le bon moment.

Pendant ce temps, la relation se construit avec une partie manquante de l’information.

L’autre connaît ton sourire. Il ignore parfois ce qu’il te coûte.

Au travail, imagine que tu es gestionnaire et que tu laisses passer plusieurs retards dans les livrables. Tu espères que ton employé comprendra et se réajustera. Pendant ce temps, ta frustration grandit, alors que ton employé croit encore que son travail répond à tes attentes.

Ou encore, tu es employé et tu acceptes chaque nouvelle demande malgré une charge de travail déjà trop lourde. Tu souhaites démontrer ton engagement. Tes « oui » successifs finissent pourtant par compromettre tes délais, ton énergie et la qualité de ton travail.

Tu es peut-être entrepreneur et tu évites avec ton associé une discussion sur une répartition des responsabilités devenue inéquitable. Vous continuez d’avancer ensemble, pendant que l’un de vous commence intérieurement à se retirer.

Ce que tu gardes sous silence influence quand même tes décisions, ta disponibilité et ta façon de traiter les autres.

 

Pourquoi est-ce si difficile de dire les vraies choses au fur et à mesure, alors que cette pratique peut t’apporter autant de liberté, de confiance et d’efficacité?

Parce que le silence te rapporte aussi quelque chose.

 

En psychologie, on parle de bénéfices secondaires : ces avantages, parfois inconscients, qui t’incitent à maintenir une façon de faire, même lorsqu’elle finit par te coûter cher.

Te taire peut te permettre de conserver l’image d’une personne gentille, facile à vivre, généreuse et toujours compréhensive. De préserver l’approbation de quelqu’un qui compte pour toi. De protéger ton sentiment d’appartenance à une équipe.

Si tu es gestionnaire, ton silence peut préserver ta popularité ou t’éviter l’inconfort d’une intervention délicate. Si tu es employé, il peut te donner le sentiment de protéger ta réputation, tes possibilités d’avancement ou ta relation avec ton supérieur. Si tu es entrepreneur, il peut te permettre de repousser une discussion difficile avec un client, par crainte de perdre ton contrat.

Parfois, tu évites aussi de t’exposer : exprimer une idée, un désaccord ou un besoin, c’est accepter que ton point de vue soit questionné.

Le silence peut même t’offrir une position avantageuse : celle de la personne qui fait tous les efforts, qui comprend tout, qui endure beaucoup. Une position souffrante, certes, mais qui peut nourrir ton sentiment d’avoir raison et laisser à l’autre toute la responsabilité du problème.

Et parfois, ce que tu redoutes le plus, c’est la suite : si tu parles clairement, tu devras peut-être agir en cohérence avec ce que tu viens de dire.

Poser une limite. Clarifier une attente. Revoir une répartition des tâches. Accompagner un employé dans son développement. Renégocier une entente avec un client.

Voilà pourquoi ton courage commence souvent par une rencontre honnête avec toi-même :

Qu’est-ce que tu protèges en gardant le silence?

Et quel prix es-tu en train de payer pour cette protection?

Car les soulagements immédiats du silence peuvent devenir les tensions durables de tes relations.

Dans ta vie personnelle, la proximité peut s’effriter. Au travail, les attentes deviennent floues, les erreurs se répètent et les frustrations circulent parfois dans les corridors plutôt qu’entre les personnes concernées.

Tu peux alors constater que ton équipe consacre beaucoup d’énergie à interpréter ce qui gagnerait à être simplement nommé.

Pourtant, une parole exprimée suffisamment tôt peut ouvrir un tout autre chemin. Tu pourrais dire:

À un collègue :

« Quand je reçois tes données après le délai convenu, je dois terminer le dossier dans l’urgence. Qu’est-ce qu’on pourrait ajuster pour respecter notre échéancier? »

À un employé :

« Dans les deux derniers rapports, plusieurs données ont dû être corrigées. J’aimerais comprendre ce qui se passe et convenir avec toi d’une façon de fiabiliser les prochains. »

À ton gestionnaire :

« Avec ce nouveau mandat, mes trois dossiers prioritaires dépassent le temps disponible. J’aimerais qu’on précise ensemble ce qui passe en premier et ce qui peut être reporté. »

À un client :

« Cette demande ajoute du travail au mandat initial. Je peux te proposer un ajustement des honoraires et de l’échéancier pour bien y répondre. »

À une personne proche :

« Notre relation compte pour moi. J’aimerais te parler d’un malaise et comprendre aussi comment tu vis la situation. »

Ces paroles rendent les enjeux visibles. Elles donnent à l’autre une véritable chance de comprendre, de s’exprimer et de participer à l’ajustement.

Bien sûr, dire les vraies choses demande du discernement. Une émotion gagne parfois à être apaisée (un principe d’équanimité) avant d’être exprimée. Le moment, le lieu et les mots comptent. Les faits observables t’aident à ouvrir la discussion, tandis que les étiquettes risquent de la refermer.

Ta perception mérite aussi d’être présentée comme une perception : tu détiens une partie de l’histoire, l’autre aussi.

La franchise devient constructive lorsque le courage de dire les choses au fur et à mesure rencontre l’humilité de parler et d’écouter.

Le respect réciproque prend alors tout son sens. Tu accordes de la valeur à ce que tu vis, tout en reconnaissant celle de ce que l’autre vit. Tu prends soin de ta façon de lui parler, et vous partagez la responsabilité de la qualité de votre échange.

Si tu occupes un rôle de dirigeant ou de gestionnaire, cette responsabilité prend une importance particulière. Ta façon d’accueillir un désaccord, une erreur ou une préoccupation enseigne à toute ton équipe ce qu’il est réellement possible de dire.

Inviter les gens à parler exige aussi que tu leur fasses une place lorsque leurs propos te dérangent.

Une lecture qui complète merveilleusement la réflexion d’aujourd’hui...

Si le courage de dire les vraies choses et de les exprimer aux autres t’interpelle, je t’invite à découvrir (ou à redécouvrir) la Citation du coach du 14 février 2023:

 Tu y découvriras un code de conduite simple et puissant pour exprimer ce que tu vis avec discernement, respect et intégrité. 

 

Oups... j'aurais dû en parler avant!

Dire les choses au fur et à mesure est une pratique qui te fait grandir. Elle te permet de clarifier les attentes, de corriger une trajectoire plus tôt et de prendre des décisions mieux éclairées. Elle favorise ton autonomie, ta responsabilisation et ta capacité à collaborer.

Elle renforce également ton estime de soi : chaque parole cohérente avec ce que tu vis t’aide à prendre ta place.

Au fil du temps, la confiance s’approfondit. Tu peux davantage te fier à un « oui », comprendre un « non » et accueillir une différence sans remettre toute la relation en question.

Dans ton couple comme dans ton équipe, chacun respire mieux lorsque la parole peut circuler avec respect.

Alors, pense à cette conversation que tu remets à plus tard.

Une attente à clarifier.

Une reconnaissance à exprimer.

Une limite à poser.

Un malaise qui mérite quelques mots avant de prendre toute la place.

Tu pourrais commencer ainsi :

« J’accorde de l’importance à notre relation et à ce que nous accomplissons ensemble. Voici ce que j’aimerais te partager… »

Dire les vraies choses au fur et à mesure, c’est prendre soin de ta relation et de ce que tu veux construire avec l’autre.

 

Bonne semaine!

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